Les DNA dans notre cave : ce qu’Alice Kawaciw a entendu en répétition


Ce mardi 20 octobre, on s’est retrouvés à la page 34 des Dernières Nouvelles d’Alsace, édition Eurométropole, rubrique Schiltigheim. Le titre : « White Ritual : dans les coulisses d’un groupe qui oscille entre métal et électro ». Signé Alice Kawaciw. Pour une fois, un journal ne parle pas d’un concert : il raconte ce qui se passe dans notre salle de répétition.

Les quatre membres de White Ritual, groupe darkwave et métal électro de Schiltigheim, en portrait de groupe
White Ritual. Photo © Benjamin Hincker

Une porte poussée à Schiltigheim

L’histoire commence comme Alice la raconte dans son chapô : quelques notes entendues en se promenant à Schiltigheim, et l’envie de pousser une porte. Derrière, il y avait nous quatre, en pleine répétition, dans notre cave. On ne fait pas de secret de ce lieu, mais on n’imaginait pas que le son portait jusque dans la rue au point d’attirer une journaliste.

Ce qui nous a fait sourire, c’est sa première réaction. Vu le décor, elle s’attendait à du métal, et ce qu’elle entend d’abord la renvoie plutôt à Evanescence, « groupe de mon adolescence », écrit-elle. C’est assez juste sur l’ordre dans lequel le morceau se construit : la voix de Coralie et les nappes de synthé de Ricardo d’abord, puis la guitare de Cédric et la batterie de Nicolas qui font monter la pression. Alice décrit ce moment mieux que nous ne saurions le faire : la douceur du début, puis le son qui « gagne en intensité ».

Elle avoue aussi qu’elle n’arrive pas à nous ranger dans une case. On la rassure : nous non plus. Ricardo lui a récité notre liste habituelle, de la synthwave au métal gothique, avec Depeche Mode, The Birthday Massacre, Blade Runner, Lana Del Rey et Gojira dans le même souffle. Cédric, lui, en a profité pour présenter Ricardo comme « le cerveau du groupe ».

Tous les styles, et c’est bien le problème

La phrase de l’article qui nous ressemble le plus vient de Coralie : « On a tous des goûts différents et on aime tous les styles, c’est ça notre problème. » C’est une blague, mais à moitié seulement. In & Out, notre premier album sorti en 2021, en est la preuve : quatorze morceaux qui passent du tribal au cinématique, de la darkwave au rock électro, sans vraie ligne droite. Ce qui tient l’ensemble, comme Ricardo l’a expliqué à Alice, c’est la voix de Coralie et une mélancolie qui ne nous quitte jamais.

En 2025, on a fait remixer l’album pour qu’il tienne mieux sur une piste de danse et entre les mains des DJ. Quelques singles ont suivi depuis.

Des fleurs blanches au pied du micro

Alice a remarqué ce qu’on ne voit plus à force de passer nos dimanches en bas : les fleurs blanches artificielles au pied du micro, les néons roses, la pièce bricolée dans un esprit underground et un peu grunge. Elle y voit la même mélancolie que dans la musique. Ricardo a résumé notre programme d’une phrase qui a donné son intertitre à l’article : « On essaie de faire pleurer les gothiques. »

L’article décrit assez fidèlement notre façon d’écrire. Un morceau part souvent d’une ligne de synthé de Ricardo. Cédric pose sa guitare dessus, Coralie cherche l’émotion qui va avec et écrit les paroles, toujours en anglais, parce que c’est la langue qui se prête le mieux à ce qu’elle veut dire : les relations humaines, les sentiments contradictoires, l’amour et la haine, la joie et la tristesse. Puis Nicolas arrive derrière ses fûts, et là-dessus le groupe est unanime : « Il sait se caler et s’adapter sur tout. » Tout le travail consiste ensuite à trouver l’équilibre entre la puissance des instruments, la voix et l’atmosphère.

Alice nous a aussi demandé quel morceau on joue à chaque concert, sans exception. Réponse collective : Blue Shadow. Il est agréable à jouer, il accroche tout le monde, et il a ce qu’il faut de punch.

Plus connus à l’Est qu’à la maison

Le dernier intertitre de l’article, « Une renommée à l’Est », touche un sujet qu’on aborde rarement en public. Ces dernières années, on a beaucoup joué hors de France, notamment dans les pays de l’Est, jusqu’au Castle Party en Pologne en juillet dernier. Ricardo l’a dit sans détour : « Dès qu’on passe la frontière, le métal gothique est très populaire. »

En France, c’est plus compliqué. Notre mélange de métal et d’électro dérange un peu : on nous trouve parfois trop l’un et pas assez l’autre. Coralie le regrette dans l’article, et elle n’est pas la seule. On aimerait jouer plus souvent ici, près de chez nous. Le concert au Molodoï cette année reste un très bon souvenir, et c’est exactement ce genre de soirée qu’on voudrait multiplier.

En attendant, on continue de répéter chaque dimanche, et ces répétitions sont diffusées en direct sur notre chaîne YouTube. Si vous voulez voir ce qu’Alice a vu en poussant la porte, sans la cave ni les néons en vrai, c’est le moyen le plus simple.

Merci Alice, merci les DNA

Alice termine son papier en écrivant qu’elle est arrivée sans connaître notre musique et qu’elle en repart « conquise », avec un morceau en tête et l’envie de nous voir sur scène. C’est sans doute le plus beau compliment qu’un groupe puisse recevoir d’une personne qui n’était pas venue pour lui. Merci à elle pour son écoute et ses photos, et merci aux Dernières Nouvelles d’Alsace d’avoir donné de la place à un groupe de Schiltigheim qui fait du bruit dans une cave.

L’article complet est à lire dans les DNA du mardi 20 octobre 2026, page 34, édition Strasbourg Eurométropole.

Venez vérifier sur scène

Alice voulait voir ce que tout ça donne en live. Deux occasions se présentent dans les dix jours.

Jeudi 29 octobre 2026 : Le Caveau de Schiltigheim
8a Rue Principale, 67300 Schiltigheim. Concert à 20h30, participation libre (au chapeau). Bar et restauration sur place. La salle conseille de réserver sur caveau-de-schiltigheim.fr.

Samedi 31 octobre 2026 : Microbrasserie du Septénaire, Niedermodern
10 rue de l’Artisanat, 67350 Niedermodern. Soirée Halloween présentée par Side Project. Horaires et billetterie annoncés prochainement sur notre page tournée.

On jouera Blue Shadow, évidemment. Pour le reste, venez écouter, et dites-nous si on a réussi à faire pleurer quelques gothiques.

Source : Alice Kawaciw, « White Ritual : dans les coulisses d’un groupe qui oscille entre métal et électro », Dernières Nouvelles d’Alsace, 20 octobre 2026, p. 34. Citations reproduites avec l’attribution du journal.